04 décembre 2010

Il y'a des soleils et des nuits .Puis l'aube qui se lève sur un jour nouveau.

Hier j'étais prostrée. Je pensais à mon père. Mon vrai père. Celui qui vit encore et qui ne souhaite pas partager sa vie avec moi.

Hier j'étais dans état émotionnel lamentable. J'ai vécu ma journée, remplis mes fonctions comme tout à chacun. Epouse, mère, soutien en allaitement, copine qui souris à la vie.

Mais au fond de moi. Un précipice. Une boule. Chaque pleurs de mes fils me rendait cette boule plus douloureuse. La journée insupportable. Mais comme tout le monde, j'avais ma vie à vivre.

Bref tais toi petite boule de douleur.

Je n'avais qu'une phrase pour Mon fils : "tais -toi mais veux tu te taire". Est-ce mon fils que j'ai voulu faire taire???

Ce jour-là Marceau m'aura fait crise de nerfs sur crise de nerfs. Pour des riens. Une voiture qu'on ne peut obtenir tout de suite.Un découpage qu'on arrive pas à finir. Un chat qui ne veut pas subir un énième câlin. Une mère qui dit non. Bref Marceau surennervé. Un Antoine pot de colle et moi j'ai pas envie d'être là.Une mère absente dans sa présence. Heureusement que ce jour-là j'avais du boulot  pour me servir d'alibi. J'ai envie de me mettre en boule et attendre que ça passe. Mais j'ai des choses à faire. Une vie à mener et pas envie de pleurer.Je pleure trop .On va encore me reprocher d'être dépressive.

Alors je vis. Je bosse sur un compte rendu de formation. Une amie, mon soleil (j'ai des amies qui ont des symboliques différentes) avec laquelle je n'ai pas discuté depuis moultes mois interrompt mon travail. J'arrête de bon coeur, je suis contente d'avoir de ses nouvelles.

On parle.je sens bien qu'elle s'inquiète un peu pour moi. Elle sent qu'il faut que je débloque quelque chose en moi, tant la vie que je suis a besoin de s'exprimer.

On parle, rigole....et puis je vois bien où elle m'emmène la bougresse. Je la suis quand même un peu.

Et elle aura une phrase qui a résonné dans tout mon corps, mes tripes, mon âme. Moi qui ne voulais pas pleurer, je me liquifie. Un noeud vient d'être découvert, mes larmes seront le traitement.

J'ai chialé, on se quitte. Marceau à aller chercher à l'école. Rationalisation pas encore effective.

Bon je viens d'apprendre que la douleur qui me rendait morbide à mes heures , moi le sourire...me venait de mon père. Par fidélité pour lui, par amour pour lui. Il a choisi une vie de douleur, loin de ses enfants.Chaque jour il fait taire sa douleur en s'alcoolisant à outrance. Par amour pour lui, je portais ma douleur comme pour partager sa vie un petit peu.

Forte de cette découverte, tout en vivant ma vie, mes pensées ne me lâchent plus et me maintiennent quand même dans un état neurasthénique. Le soir je vais rire avec une autre copine (symbolique du chat, celle ci).Pareil nous nous sommes pas vues depuis des lustres.Elle est charmante, drôle, on s'apprécie beaucoup. Bonne soirée.Et je rentre tard ....enfin tôt....

Pas moyen de dormir.Mais pourquoi cet état de mal être quand je pense à LUI.

Je ne dors pas.Je vais câliner mes enfants qui eux dorment du sommeil du juste.Les veinards.

Et d'un coup eurêka.....Cet état est celui que j'ai ressenti petite quand mon père nous a laissé.Quand il a décidé d'être un père absent .C'est ce que j'ai ressenti un profond mal être qui s'est enraciné dans mon épine dorsale(cervicales puis lombaires douloureux), dans mes muscles( une lourdeur du corps alors que j'ai perdu un peu de poids), dans ma tête (le fameux baobab).J'avais reporté toute ma tristesse en moi.J'ai pensé qu'il nous quittait parce que nous ne valions pas la peine d'être ses enfants.Moi je n'étais pas assez bien.Assez gentille.Assez rigolote.Assez belle.Assez sa fille. Alors dans ma vie j'ai toujours cherché à atteindre la perfection même dans l'imperfection.En étant trop belle (ado parce que maintenant j'aime bien ma mochitude), en étant trop "même pas mal" "même pas peur" .Grande bouche en soirée.Qu'on m'aime s'il vous plaît.Mais je ne comprenais pas et trimbalait ma douleur.

Voilà chaque année en Décembre mois de l'anniversaire de mon père (et de mon 2ème fils), je suis cette petite fille qui souffre.Mais cette petite fille a admis cette nuit que ce père avait fait un choix bien égoïste en menant cette vie-là, independamment des qualités de chacun de ses enfants.Ce n'est pas parce que je ne suis pas aimable qu'il m'a laissée.

Ce n'est pas ta faute Séverine, ce n'est pas ta faute!C'est ton père qui a choisi sa vie, son alcoolisme, sa détresse à lui.Tu ne lui dois rien.Tu ne lui dois rien.

Voilà ça avance.Je peux vous garantir que de vider ses valises émotionnelles, ça fait mal mais après non di diou ce qu'on se sent bien, mieux.

Mon corps m'a parlé, je ne comprenais pas son message.Puis des mots qui soignent les maux...puis des nuits...et puis des jours.....et enfin l'aube.

Posté par marceauetantoine à 10:50 - - Commentaires [0] - Permalien [#]

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