03 janvier 2012

Intime naissance part III

Il est des jours dans une vie où bien qu’on se soit préparé à les vivre, tout nous échappe. On se laisse partir au gré du courant ….Ce jour si spécial a débuté le 23 Septembre 2011 à 17h précisément. J’ai su que la marche vers ta naissance avait été franchie. J’ai fait ce que je fais habituellement, j’ai écouté mon cœur. J’ai savouré les instants passés avec tes frères, échangés des mots doux avec eux, je les ai cajolés, embrassés mes tout petits. Mes garçons. Eux de leur côté t’ont caressée au travers de mon ventre. Je les ai mis dans la confidence….leur petite sœur allait naître bientôt !
J’ai demandé à mon amour, ton Papa de rentrer du travail. Je souhaitais par dessus tout qu’on soit en famille avant le grand saut dans l’inconnu de ta naissance. J’ai pris des forces auprès d’eux, me suis gorgée d’eux .

Ta mamie est arrivée et t’a caressée dans ta bulle. Une belle caresse pleine d’amour….Mamie savait elle aussi que tu étais en chemin , sa fille allait donner naissance à sa fille…..

Tes frères partent et moi je pleure, ils me manquent déjà. Mais je veux renouer avec l’intimité de mon couple, être seule avec ton père, mon autre moitié. Je suis soulagée de pouvoir mettre en scène ce que mon instinct me dicte, tout me rapproche de toi et je peux planter mon décor , mes acteurs un à un , profiter et me laisser guider par l’instant.

Le temps passe et la valse des contractions commencent, mais sur un tempo complètement anarchique. Je suis complètement perdue. Vais je donner naissance cette nuit ? Pourtant je demande à ton père de tout préparer, la bassine de naissance est particulièrement pénible à remplir, de mon côté je crée l’ambiance…contractions, bougies, huile essentielle de lavande (avec le lilas ce seront tes odeurs préférées durant toute la grossesse !)

L’heure tourne , je préviens Alexandra, notre sage femme que je contracte, que j’ai eu d’autres signes éloquents de ta venue mais que je suis perdue, complètement perdue !
Vas tu naître bientôt ?

La soirée passe et le prétravail cesse. Quelle déception ! Je suis triste, dépitée. Je t’attends ma fille, je te rêve ma fille, je te veux ma fille !Je file au lit en boudant mais m’endors malgré tout !

A 5h10 le 24 Septembre , précisément, tout recommence. Ma joie, ma peur, mon excitation et les contractions reviennent. Tout le travail se lance. Je suis heureuse et déterminée (pour le moment !).

Je sors du lit discrètement pour laisser dormir ton Papa et surtout pour partager ce moment rien qu’avec toi.

Alors au gré des contractions qui sont régulières cette fois , je recrée l’ambiance (hE de lavande, bougies) , allumer un feu, eau chaude pour la bassine de naissance…..

Je me plonge dans l’eau avec délectation. Et je guette….et je guette…..parce que l’eau chaude a calmé ma douleur….mais au bout d’un bon quart d’heure. La voilà ma vague, celle qui me fait dire OUI JE VAIS TE FAIRE NAÏTRE !!!!

Je réveille ton père.

Je resterai dans mon eau jusqu’à l’arrivée d’Alexandra prévenue que ta venue était imminente ….

Mais je ne suis pas encore en plein travail. Je parle de la pluie du beau temps, je fais des blagues. Je demande à Alexandra pourquoi je ne me déconnecte pas. Je le sais au fond de moi, j’ai tellement peur de la douleur , que je la retarde….Alors elle suggère de sortir de cette eau rassurante et d’aller dans la chambre me reposer et me laisser gagner par les contractions.
J’accepte.

Je me repose sur mon lit frais, ça me fait du bien. Vraiment, je suis bien, heureuse, entourée et tout près de toi .
Alexandra ma bonne fée avait vu juste. Le travail se lance dans la pénombre de ma chambre. Au calme , au frais et sans 1 mot.

Et tout de suite, je sais que cela ira vite. Tout est très efficace. Chaque vague m’écrase le dos et le pubis, mon col s’ouvre. Bang bang….. tu arrives ma chérie ! C’est violent mais doux à la fois. J’accueille la vague écrasante, je ne me raidis pas (encore !).Viens , inonde moi, brusque moi, emmène moi…..

J’ai envie d’aller plusieurs fois aux toilettes (la naissance n’a pas que des côtés glamour) et là je me sens bien aux Wc sur mon siège, la position favorise la descente. Je demande à ton père de fermer le volet, je veux être dans le noir. Je lui demande de rester avec moi, on se câline dans les toilettes, on rit et je me pends à son cou. Mais les contractions me rappellent à l’ordre et je commence à pleurer de douleur. Ca commence vraiment à être insupportable pour moi. J’ai terriblement mal et je commence à penser à Jean–Jacques, ton grand père disparu 3 ans auparavant à cette période de l’année. Va comprendre pourquoi je commence à ce moment là à penser à lui assise sur les toilettes …de chaudes larmes ruissellent et se transforment en sanglots. Je lâche TOUT. Oui tu vas naître à une période de grande tristesse pour notre famille. Mais toi ma jolie, mon soleil tu vas remettre du bonheur , de la joie dans cette fin Septembre douloureuse.

Je lâche, je pleure, j’accepte qu’il en soit ainsi. Je retourne dans la chambre, je continue à pleurer à chaque contraction en me pendant au cou de ton père qui m’aime tellement qu je sens tout son amour m’accompagner. Il me prendrait bien un peu de ma douleur, je le vois bien. Mais non…..Et là et là…..je perds complètement pied…..je bascule dans le monde de la douleur insupportable, inexprimable. Je crie à chaque contraction. Je suis animale, je suis en pleine souffrance de la naissance. J’ai peur car je sais où tout cela m’emmène. Alexandra m’accompagne par des mots d’encouragement et des gants sciemment déposés sur mon corps hurlant de douleur. Je pleure, mais je m’ouvre quand même, parce que je te veux toi ma fille, je te sais près de moi et je te veux contre moi. Alors je te laisse passer, « oui viens » et je crie, hurle, aboie des mots grossiers….Oups…..

J’ai envie de retourner dans la bassine, dans l’idée que l’eau chaude soulagera ma douleur…même si c’est un tout petit peu, ce sera toujours ça de pris .Je vais devenir folle de douleur, j’ai envie qu’on m’arrache le ventre. J’ai envie que tout s’arrête. J’ai peur à ce stade, mais peur…..mais je suis encore un peu heureuse et je réussis à le verbaliser.

Alexandra suggère à ton père une position pour me contenir et m’accompagner dans l’eau. Car ma 1ère réaction une fois dans l’eau sous l’étaut terrible de la contraction était de me prostrer. Je suis sur le dos en totale apesanteur, bercée entre chaque contraction et maintenue , contenue au moment de celle-ci. Oh je sais où j’en suis et je ne veux pas y aller…..Tu fais ton arrivée ma douce. Tu es là tout près….prête à cheminer dans le vagin, prête à ouvrir la dernière porte de mon périné. Alexandra m’encourage. "Appelle ta fille, ouvre grand ta bouche ".Ca me fait rire aujourd’hui elle me dit OUIIIIII et moi je réponds " Un oui interrogateur" suivi d’un " Non " catégorique . Comme il est difficile de s’ouvrir, de lâcher son bébé, d’accepter cette sensation d’écartèlement puis de brûlure……Je dis que je vais mourir et j’en suis convaincue sur le moment, que j’y arriverai JAMAIS, que je ne peux pas et que j’ai peur…..

Emma mais tu arrives, là je dis ouiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiii, viens ma chérie, je t’aime, viens ma bébé. Ta tête est là aux portes de la vie et je pose ma main sur ta petite tête visqueuse et douce, je t’aide comme je peux en m’ouvrant un maximum et en te caressant ma toute belle.

Voilà ta tête passe en 1 poussée et à la seconde tu es propulsée dans l’eau chaude !1er plongeon. Tu es née sur 2 poussées telle un boulet de canon. Plouf….

Alexandra me dit " regarde elle est là " et moi complètement groggy je ne réalise absolument pas que ma fille est née. Et cela pendant au moins 1 minute (ou moins).Je daigne enfin poser mon regard sur toi ma fille…………………et depuis je ne te quitte plus des yeux. Tu es parfaite, grande , ronde, rose, un p’tit nez magnifique, des yeux de grande voyageuse de l’extrême, tu es d’une puissance si fragile.

Alors je te saisis ma jolie, et tu pleures tout ce que tu peux et moi aussi et Papa aussi (enfin façon Papa, des larmes qu’il dissimule et que je suis la seule à voir comme à chaque naissance et j’adore ça….)On s’embrasse tous les 3, on rit, on pleure. Tu es née dans l’eau en apesanteur et avec une détermination fougueuse.


On fait connaissance mais tout ça commence à me peser.J e voudrais être au sec alors on déménage. Pourtant je ne dois pas marcher beaucoup pour rejoindre mon lit mais je suis épuisée. Et là sur ce lit le bonheur reprend son dû après tant d’efforts,….Un peau à peau délectable commence mais les contractions aussi reprennent et là moi j’en peux plus !Je ne veux plus avoir mal. On me laisse le temps de savourer ma jolie , on coupe ton cordon mais je veux me délivrer et à la contraction suivante et avec ma toute dernière poussée de toute ma vie….je sors ton enveloppe protectrice….Jouissif de se libérer de ce gros morceau !!!!Et là j’attends patiemment le verdict de ma sage femme. Il est parfaitement entier………….OUAISSSSS !!!!Je ne perds quasiment pas de sang, trois fois rien. Tant mieux !


Je suis tout à toi Emma et tu es toute à moi. Profitons, profitons, profitons.


Et tu tètes et tu pleures et tu tètes et tu ouvres les yeux et je te caresse et je ris et je t’admire !!

Je t’aime ma petite, ma toute jolie, ma fille.

Voilà tu es née ce 24 Septembre à 10h12 chez toi dans l’eau et en apesanteur devant un feu de bois. La sage femme me dira aussi que tu étais coiffée , c’est à dire que tu es née dans ta poche des eaux. Signe que tu seras chanceuse. J’aime cette idée que la vie sera belle pour toi, ma fille.

Au moment où j’écris le récit de ta naissance, le 25 Septembre ,tu dors tout près de moi comme une bienheureuse, tu fais des petits bruits de bébé .Papa dort encore et moi je veille sur vous 2.Ce soir Marceau et Antoine vont rentrer. Nous sommes à l’aube d’une nouvelle vie à 5.Je me réjouis déjà de toute cette belle vie qui m’attend à vos côtés mes chers amours.

Posté par marceauetantoine à 14:26 - - Commentaires [0] - Permalien [#]

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